Nkog Ekogo - Cameroun

       

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Cameroun

 

Carte de localisation de la coopérative de cacao du Cameroun au Nord de Yaoundé près de la ville d'Obala

 

La coopérative SCOOPS CA  est située à Nkog Ekogo, près de la ville d’Obala dans la Province du Centre au Cameroun. Elle regroupe de petits exploitants dont le nombre augmente chaque année. Le cacao y est cultivé depuis plus de 50 ans. Les fèves sont rougeâtres, issues du Forastero (20%) et du Trinitario (80%). C’est la première coopérative au Cameroun à faire tout le traitement post récolte.

Aristide Tchemtchoua présidente SCOOPS CA - Cacao du Cameroun

(@ Aristide Tchemtchoua)

A l’origine Aristide Tchemtchoua n’était pas destinée à devenir directrice d’une coopérative de producteurs de fèves de cacao : elle travaillait dans le secteur de l’habillement.

Mais sa  famille possède une plantation de cacaoyers et c’est pourquoi Il y a une quinzaine d’années elle décide de les aider. Le constat est rapidement sans appel : entre vols, malhonnêteté et difficulté du travail, cette culture n’est absolument pas rentable. Les prix payés par les acheteurs locaux sont sous évalués par rapport aux efforts fournis. Elle abandonne alors ce projet et retourne à son métier premier.

 

Une des plantations de cacaoyers près du village de Nkog Ekogo

(@ linstantcacao)   

 

Une des plantations de cacaoyers près du village de Nkog Ekogo

                                 (@ Aristide Tchemtchoua)                                   

En 2016, passionnée d’émissions de cuisine, elle voit un reportage sur Pierre Marcolini recevant un sac de fèves de cacao du Cameroun. Comme ses parents continuent la cacaoculture, leur seule source de revenus,  elle se dit qu’elle doit pouvoir améliorer leur condition, d’autant plus que leur santé et leurs forces déclinent.

Elle recherche alors, sur internet, les 15 meilleurs chocolatiers de France.  La chocolaterie « A la reine Astrid » ressemble phonétiquement à son prénom. Elle écrit aussitôt pour proposer ses fèves. A son grand étonnement Christophe Bertrand lui répond seulement deux heures plus tard mais lui dit qu’il ne payera les 200kg de fèves que lorsqu’il les aura reçues…  Ainsi Aristide emprunte à deux amis l’argent nécessaire pour leur transport par avion.  

A réception des fèves il lui donne son avis : la fermentation n’est pas totalement maîtrisée et il y a des cailloux mélangés aux fèves. Mais le potentiel est là ! Elle comprend que c’est lié aux procédés ancestraux : fermentation réalisée dans un tronc de bananier évidé, séchage sur des claies à même le sol…

Il lui propose de l’aider à améliorer la qualité son cacao et annonce sa venue avec 3 confrères, dans 4 mois, afin de voir comment ils pourront l’aider. Ce qui est dit est fait, 4 mois plus tard tout le village est là pour les accueillir ! Visites des plantations, discussions pour leur entretien, l’amélioration du rendement  et le travail post récolte… Ils souhaitent que cela profite à tous et leur demandent de se regrouper en coopérative.

En 2017 SCOOP CA est créé, soutenue par la Confédération des Chocolatiers et Confiseurs de France. Elle ne concerne que peu de producteurs, les plus proches du village. Ils achètent des bacs de fermentation, y font ferment les fèves pendant 6 jours et font un brassage tous les 2 jours. Les fèves ne sont plus séchées directement au soleil mais sous ombrage en profitant de l’aide du vent. Ils produisent 1700kg.

En 2018 ils produisent 12 tonnes et sont 50 adhérents. Les cacaoculteurs récoltent maintenant les cabosses avec un sécateur et non plus à la machette.  Cette méthode blessait les cacaoyers et les chérelles (le jeune fruit du cacaoyer)  et il leur faut alors 3 ans pour cicatriser et produire une quantité normale de cabosses. Les sols sont mieux entretenus. Au vu de l’amélioration des rendements et de l’augmentation du prix de vente du cacao les autres agriculteurs rejoignent la coopérative.

En 2021 ils sont 150 adhérents pour une production de 130 tonnes (6 conteneurs).

La récolte a lieu à partir de septembre et peut parfois s’étendre jusqu’en janvier. Elle s’effectue à l’aide de sécateurs. Les membres apportent leurs fèves fraichement écabossées à l’unité centrale ou aura lieu la fermentation, le séchage, le tri et la mise en sacs. Ces derniers sont envoyés à Douala pour être transportés en bateau dans des conteneurs. La chaine de  traçabilité est particulièrement rigoureuse.

       

Récolte des cabosses de cacao à l'aide d'un sécateur

(@ Aristide Tchemtchoua)  

  

Fleurs et cabosses naissantes de cacao

(@ linstantcacao)

 

  L’écabossage se fait au bâton afin de ne pas abimer les fèves.

       

Ouverture des cabosses (écabossage) à l'aide d'un bâton

       (@ Aristide Tchemtchoua)

 

uverture des Ouverture des cabosses (écabossage) à l'aide d'un bâton

(@ Aristide Tchemtchoua)           

 

Les fèves sont triées sur place avant d’être amenées au centre de fermentation.

     

Gros plan sur le fruit du cacaoyer : mucilage entourant les fèves

 (@ Aristide Tchemtchoua)

Le contenu des cabosses est récupéré à la main et mis dans des bassines

                (@ Aristide Tchemtchoua)

 

La fermentation est très régulièrement contrôlée (température et PH). Elle se fait dans des bacs en bois neutre avec des feuilles de bananiers pendant 6 jours. Le brassage des fèves a lieu tous les 2 jours et les fèves changent de bac 2 fois.

      

Dépose de la récolte dans les bacs de fermentation

        (@ Aristide Tchemtchoua)

 

Brassage des fèves et du mucilage

   (@ Aristide Tchemtchoua)

 

Le séchage se fait sous ombrage (tunnel) et avec l’aide du vent. En effet le séchage au soleil était trop agressif pour les fèves, les brulant et maintenant enfermé l’acide acétique.

     

Séchage des fèves sous tunnel aéré

   (@ Aristide Tchemtchoua)

    

Séchage des fèves sous tunnel aéré

 (@ Aristide Tchemtchoua)

 

Puis les fèves sont triées et mises en sacs de toile de jute de 60kg. Leur transport jusqu’au port de Douala se fait en camion.

Sacs de fèves de 60kg prêt à partir au port

 (@ Aristide Tchemtchoua)

 

Sacs de fèves entreposé dans un hangar

   (@ linstantcacao)

Entrepôt de SCOOPS CA

               (@ linstantcacao)

Aujourd'hui la coopérative se tourne vers l’agriculture biologique et les agriculteurs n’utilisent que des engrais organiques. Ils sont encouragés à diminuer l’utilisation des pesticides et sont formés à l’utilisation de méthodes biologiques.

Le système d’agroforesterie utilisé (cacaoyers, arbres fruitiers, arbres à bois…) qui favorise la biodiversité est de plus en plus poussé. En effet,  la connaissance des arbres permet de garder ceux qui sont bénéfiques à la plantation que ce soit pour leur ombre, leur effet répulsif sur les insectes…. Il ne faut pas oublier que ce sont les allemands qui ont introduit les cacaoyers au Cameroun, c’est pourquoi l’observation de l’interaction entre les arbres est essentielle.          

       

Fleurs blanches de cacaoyers

   (@ linstantcacao) 

   

Cabosse entrouverte

         (@ linstantcacao)       

La coopérative emploie 30 salariés en pleine saison (manutentionnaires et un conducteur de camion) qui sont  mieux payés que la plupart des autres travailleurs au Cameroun. Les agriculteurs sont également mieux payés au kilogramme de fèves séchées qui vendues à la coopérative. A tel point que les jeunes reviennent au village et reprennent les plantations abandonnées de leurs parents. Ils apprennent comment bien entretenir les plantations et comment bien produire, c’est-à-dire produire un cacao d’excellence.

Une épargne salariale de 100frs CFA par kilo a été mise en place pour aider à la rentrée scolaire des enfants en septembre, alors que la récolte n’a pas commencé. Le montant est fonction du nombre de kilos vendus l’année précédente, il est donné une semaine avant la rentrée. Pr ailleurs un agriculteur peut recevoir un acompte  sur sa production car les acheteurs de fèves de la coopérative payent en avance une grande partie de la récolte.

Dans l’avenir la coopérative souhaite bâtir un centre de santé, recruter un (ou une) infirmier(ière) et lancer des campagnes d’information et de sensibilisation à la santé.

 

En 2018 je cherchais de fèves de qualité en provenance du Cameroun, pays que je connaissais déjà. Lors d’une réunion des Chocolatiers Confiseurs de France je fis la connaissance de Christophe Bertrand. Je savais qu’il produisait déjà son propre chocolat à partir de fèves. Il me dit avoir reçu des sacs de fèves d’une jeune coopérative camerounaise. Il pouvait m’en fournir un sac. J’accepte et c’est ainsi que j’ai pu commencer à travailler avec les fèves de la coopérative d’Aristide.

 

Lors du salon du chocolat, en 2019, et plus particulièrement lors d’une réunion d’information proposée par Silva Cacao j’ai eu l’occasion de rencontrer Aristide. Elle me fit la surprise l’année suivante, juste avant la pandémie, de venir à la boutique me rendre visite. Je peux dire qu’une grande amitié est née ce jour-là !

 

Marc Chinchole et Aristide Tchemtchoua Présidente de SCOOPS CA chez l'Instant Cacao

(@ linstantcacao)

 A mon tour je suis allé la saluer et rencontrer ses équipes au Cameroun. J’apprécie la dynamique de cette coopérative qui s’améliore d’année en année pour nous offrir des fèves d’excellence. Merci à tous pour votre travail passionné !

      

Marc Chinchole et Aristide Tchemtchoua Présidente de SCOOPS CA dans une des plantations près d'Obala

     (@ linstantcacao)

      

Marc Chinchole,  Aristide Tchemtchoua Présidente de SCOOPS CA et Jean-Marie

                                         (@ linstantcacao)                                     

Une partie de l'équipe déguste des tablettes de chocolat fabriquées par Marc Chinchole à partir de leurs fèves

                                                                         (@ linstantcacao)                                                                 

Pour déguster les tablettes issues de ces fèves, cliquez sur l'image ci-dessous !

Tablette de chocolat au lait Bot Makak réalisée par Marc Chinchole de l'Instant Cacao